Funky Drummer

Clyde Stubblefield, célèbre batteur de James Brown nous a quitté mi-février à l’age de 73 ans. Plus qu’un simple musicien, Stubblefield a transformé le groove funk. L’exemple le plus frappant est le morceau Funky Drummer. Enregistré en 1969, les 7 minutes sont marquées par le rythme ultra-syncopé et complexe de la batterie.

C’est à 5’35 que le motif rythmique de la batterie ( le break) apparait seul et révolutionnera à lui seul une bonne partie de la musique.

À titre d’exemple, on compte plus de 1000 samples de Funky Drummer, une grande partie concernant le motif rythmique en question (Source : http://www.whosampled.com/James-Brown/Funky-Drummer/).

Un autre break de Clyde Stubblefield que j’aime tout particulièrement se situe dans la version live de « Give it up or turnit a loose »(1970). Il faut attendre la 5ème minutes pour une présentation progressive des motifs rythmiques dont le rythme ultra groovy du batteur.

Clyde Stubblefield en live :

Berywam

Découvert sur le net, Berywam est un collectif de chanteurs et beatboxers français. Composé de 4 musiciens, le groupe est champion de France de beatbox et côtoie les podiums lors de championnats internationaux (MB14, un des membres est 4ème au championnat international du Beatbox Battle Loopstation).

Petit rappel : La Human beatbox ou boite à rythme humaine consiste à imiter le son des instruments avec sa voix/bouche. Elle trouve ses origines dans les musiques traditionnelles indiennes (les bols), africaines (“clics” et “tchip” issus du langage codé de guerre) et surtout dans le scat. Récupéré dans les années 70 par les rappeurs, il devient le 5ème pilier du hip-hop avec le rap, le DJing, le graf et la danse.

En guise d’extrait, la reprise de « Feeling Good » de Nina Simone:

-La reprise de « Drunk In Love » de Beyoncé en reggae :

 

-La version live de »Gangsta’s Paradise » de Coolio par MB14 lors de l’émission The Voice (la mise en place du beat est vraiment excellente, le reste c’est de la télé).

The Police – Walking on the moon

police-album-reggattadeblanc

The Police sort son second album « Reggatta de Blanc » en 1979, porté par deux singles « Message in a bottle » et « Walking on the moon ». En pleine vague New Wave, le trio, composé de Sting (basse/chant/composition), d’Andy Summers (guitare) et de Stewart Copeland (batterie) mélange plusieurs cultures musicales : des morceaux rock-punk dans  « It’s alright for you », des rythmes aux tempos rapides comme dans « No time this time » et des passages reggae : L’introduction quasi reggae-dub de « Reggatta de Blanc », le refrain enjoué de « Bring on the night » ou de « Message in a bottle », le skank retentissant de « The bed’s too big without you » et « Walking on the moon » en sont des exemples parfaits.

À propos de « Walking on the moon », Sting raconte que  le rythme de la chanson lui est venu alors qu’il était ivre dans une chambre d’hôtel à Munich.

« Je faisais le tour de la chambre en chantant : walking ’round the room… À la lumière fraîche du matin, je me suis rappelé ce qui s’était passé et j’ai écrit le morceau. Mais « Walking ’round the room » était un titre stupide alors j’ai pensé à quelque chose d’encore plus stupide qui a été Walking on the Moon. »

Giant steps are what you take, walking on the moon
Tu fais des pas de géant, en marchant sur la lune
I hope my legs don’t break, walking on the moon
J’espère que mes jambes ne céderont pas, en marchant sur la lune
We could walk forever, walking on the moon
Nous pouvons marcher éternellement, en marchant sur la lune
We could be together, walking on, walking on the moon
Nous pouvons vivre ensemble, en marchant, en marchant sur la lune                                                                                                                                                                                                                                        

Malgré son clip et ses paroles, la chanson n’a aucun lien avec la lune. D’après Sting,  ce serait une métaphore sur l’amour : « Deborah Anderson était ma première vraie petite amie … et après quelques mois de relation, l’idée d’écrire un morceau décrivant ce que l’on ressent en amour m’est venue. Être amoureux, c’est comme être soulagé de la pesanteur ».

Ah ah ah, sacrée soirée !!!

Laissons de côté le texte. Écoutons plutôt la mélodie au large ambitus de Sting ponctuée par les riffs de guitare en contretemps et la basse syncopée ascendante et descendante. Concentrons-nous aussi sur la magnifique coda (à partir de 3 minutes 14) où plusieurs voix s’accumulent, où des nappes de synthé interviennent, où la caisse claire retentit avec une légère réverbération.

La reprise très réussie par Aloe Blacc et le groupe Roseaux (2012) :

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Walking_on_the_Moon

Ahmad Jamal – The Awakening

Si tu étais sur une île déserte, quels livres, quels albums, quels films prendrais-tu ?

-Heu…

Question impossible tant le choix est complexe. Pour ma part, n’étant pas un grand lecteur, mon choix se reporte à la musique. Un de mes disques de chevet est The Awakening du pianiste américain Ahmad Jamal. Ce genre d’album que je pourrais écouter plusieurs fois par semaine sans me lasser. Vous en avez sûrement vous aussi. Pourquoi ce choix ? Difficile à expliquer, surtout à l’écrit. La musique est tellement subjective, assujettie aux sensations, aux sentiments, aux humeurs, à des moments importants de la vie. Cet album, sorti en 1970, est un des premiers que j’ai acheté. Il y a quelques années, lors de mes recherches sur le sample dans le rap américain, je me suis aperçu que de nombreux rappeurs se sont emparés de la musique de Jamal, de ses harmonies riches et de sa puissance mélodique.

Dans The Awakening, les 7 chansons jouées par Amad Jamal au piano, Jamil Nasser à la contrebasse et Frank Gant à la batterie, sont des coups d’éclats, de génie même. Jamal, revient à l’essence même de la musique jazz : la liberté.

1) « The Awakening » : Morceau savoureux, doté d’une richesse harmonique et d’un sens de l’improvisation génial.

2) « I love music » : Géniale déclaration amoureuse à la musique marquée par une longue improvisation à la manière d’une variation. Le thème s’installe progressivement pour exploser à 3 minutes 56.

3) »Dolphin Dance » : Très belle version, aux couleurs impressionnistes, du thème d’Herbie Hancock.

3) « Stolen Moments » : moment magique, introduit par 4 accords au piano.

Avec une soixantaine d’albums à son actif,  Jamal âgé de 86 ans, fait figure de vétéran du jazz. Il continue de propager sa bonne parole lors de festivals (Vienne, Marciac en France) et lors d’enregistrements précieux : Saturday Morning (2013), Live in Olympia (2014), Live in Marciac (2015).

Masego

Prenez un peu de trap, de sons électroniques et de swing et vous obtenez la musique de Masego, jeune musicien, chanteur et compositeur américain. Initiateur du mouvement traphousejazz, l’artiste compose ses musiques en inventant une forme nouvelle de jazz  où les solos de saxophone côtoient volontiers des breaks électroniques et nappes de synthétiseurs.

Artiste très prometteur, à écouter!

Pour aller plus loin :

http://www.masegomusic.com/